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Le Canada a clos son année 2018 par une victoire 0-1 à Basseterre sur la pelouse de l’équipe nationale de Saint-Christophe-et-Niévès (nous en avons parlé lors du dernier épisode des Renards du Soccer, voir vidéo au bas de la page). Nommé entraineur chef de l’équipe nationale canadienne le 8 janvier 2018, John Herdman a l’air d’avoir bien compris la tâche monumentale qu’il avait devant lui. Désorganisée, humiliée et décevante depuis plusieurs années, l’équipe masculine canadienne attendait impatiemment son sauveur. Il s’est avéré que ce dernier n’était pas bien loin. Le Canada adore John Herdman grâce à ses nombreux succès à la barre de l’équipe nationale féminine et celui-ci le lui rend bien avec l’équipe masculine jusqu’à présent. L’entraineur anglais donne l’impression d’avoir un projet bien précis pour les Rouges (surnom de l’équipe nationale canadienne) et, même si tout n’est pas parfait, le plan semble déjà bien en marche. Mon bilan 2018 de John Herdman en quelques mots.

Les points positifs :

  • Le tournoi de Toulon 2018 :

Au lieu de laisser sa place à un autre entraineur, Herdman a pris le taureau par les cornes en menant lui-même l’équipe nationale espoir à la 6ème place lors de sa première participation de ce tournoi prisé. Cette compétition a permis à Herdman de voir évoluer de jeunes espoirs canadiens afin de les incorporer à l’équipe senior dans le futur que ce soit à court, moyen ou long terme.

  • Le rajeunissement de l’équipe senior :

Plusieurs joueurs de moins de 21 ans ont fait leurs débuts avec l’équipe senior. Certains de ces joueurs comme Busti, Pantemis et à moindre mesure Fraser, Godinho et Legault feront partie du futur des Rouges alors que d’autres comme Cornelius, Millar, David et Brault-Guillard se sont déjà fait une place au soleil. John Herdman a aussi réussi l’exploit de convaincre Ballou Jean-Yves Tabla (né en Côte d’Ivoire) à évoluer sous les couleurs de son pays adoptif.

  • La profondeur de banc :

L’entraineur anglais a brillamment utilisé son effectif et a su trouver le chemin de la victoire malgré des absences importantes pendant un ou plusieurs matchs (Milan Borjan, Mark-Anthony Kaye, Scott Arfield, Manjrekar James, Jonathan Osorio…). Ces absences ont grandement profité aux seconds couteaux comme Russell Teibert (seul passeur décisif lors du dernier match), Derek Cornelius (titulaire lors des trois derniers matchs) ou Alessandro Busti qui a fêté sa première sélection le 16 octobre dernier.

  • Invaincu en 2018!

Vous avez bien lu, le Canada a remporté tous ses matchs en 2018. Quels que soient ses adversaires, Herdman a su trouver la solution à chaque fois. Les mauvaises langues diront que tous les matchs du Canada se sont joués face à des adversaires assez faibles (Nouvelle Zélande, Iles Vierges Américaines, Dominique et Saint-Christophe-et-Niévès) mais remporter quatre matchs internationaux consécutivement reste un très bel exploit. Ce n’est pas tout! Lors de ses quatre matchs, le Canada n’a encaissé aucun but! L’avenir du soccer canadien semble prometteur.

Les points négatifs :

  • Alphonso Davies en latéral gauche?

Pourquoi se priver du meilleur atout offensif de l’équipe en l’alignant à ce poste? Je suis conscient que Herdman n’a pas beaucoup d’alternatives à ce poste (Marcel de Jong? Sam Adekugbe? Daniel Kinumbe?) mais donner de lourdes tâches défensives au plus bel espoir canadien depuis plusieurs années n’est pas la meilleure solution selon moi. Est-ce un simple test (je l’espère) ou une solution durable pour l’entraineur anglais?

  • L’énigme Junior Hoilett

L’ailier polyvalent qui joue pour Cardiff City en Première Ligue Anglaise n’est pas vraiment transcendant au sein du système de jeu de Herdman. Certains me diront qu’il a réussi à marquer en 2018 mais dans le jeu, Hoilett a été plus que décevant. Faut-il changer de système tactique afin de mieux utiliser ses qualités ou est-ce simplement un creux de vague?

  • Trop peu de matchs

Le Canada n’a disputé que quatre matchs en 2018 alors que les États-Unis (11 matchs), El Salvador (six matchs) et le Honduras (cinq matchs), pour ne nommer que quelques-uns, en ont disputé bien plus. Je ne pense pas que ce soit la bonne stratégie à adopter quand on veut créer de nouveaux automatismes entre les nouveaux joueurs internationaux. Est-ce pour diminuer les coûts de déplacements ou à la demande de l’entraineur? Des équipes de niveau supérieur ne sont-elles pas intéressées à nous affronter?

  • Où es-tu John?

J’avais mentionné, juste après la nomination de Herdman au poste de sélectionneur, que j’aimerais bien le voir dans les estrades lorsqu’un club canadien joue (Les 12 travaux de John Herdman). Je ne pense pas l’avoir vu à Toronto, Montréal ou Vancouver durant la saison MLS. Timide ou trop occupé?

La note :  8/10

Tout ne peut être parfait dans l’univers du ballon rond mais, selon moi, John Herdman a réussi sa première saison à la barre des ‘Rouges’. Peut-il renouer le Canada avec son glorieux passé[1] dans les années futures?

 

 

[1] Deux Gold Cup (1985 et 2000). Qualifié pour la Coupe du Monde en 1986. Qualifié pour la Coupe des Confédérations en 2001. Médaille d’or aux Jeux Olympiques en 1904.

 

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